On va les voir : non comme des bêtes curieuses, mais comme des cousins lointains dont on entend parler depuis cinquante ans. On sait leurs malheurs, on connaît leur courage face à ladversité, leur résistance à linjuste oppression. On va les voir avec, dans les bagages, la solidarité dici, insuffisante certes, mais pourtant réconfortante.
On va les voir et les rencontrer leur donne chair. Fières veuves pathétiques. Mères privées de leurs fils que la guerre des hommes a tués. Pères souffrant de limpossibilité de nourrir leurs enfants. Jeunes gens dont lobsession est de sexpatrier pour trouver ailleurs un avenir plus digne. Brodeuses qui, à travers des motifs traditionnels redécouvrent la culture du pays dorigine.
On va les voir, ces jeunes femmes qui enfantent malgré tout et portent leur bébé comme un trophée glorieux. Et aussi des courageuses femmes mûres qui sattellent à des tâches de développement fondé sur la personne humaine et accomplissent des prouesses en matière déducation.
On va les voir Tous ces gens enfermés dans des camps insalubres et étroits et qui, grâce à lInternet, communiquent avec leurs frères des autres camps, dépassent des frontières infranchissables et nouent de solides liens avec leurs frères restés au pays. Grâce à lInternet encore, ils enjambent mers et océans pour joindre les exilés aux quatre coins du monde.
On va les voir et nous vivons avec eux des instants trop courts. De vrais moments de bonheur au milieu de bambins qui égrènent leur alphabet en frappant dans leurs mains. Des moments exaltants avec de jeunes écoliers qui dansent lâme de leur patrie. Des moments chaleureux où on échange expériences et vécus différents Sourires parce quon est bien ensemble, là, malgré tout. Moments vivifiants car elle est contagieuse, lénergie vitale des Palestiniens qui se battent depuis si longtemps contre leurs inhumaines conditions dexistence.
Blandine CATTEAU Février 2002
mise à jour lundi 24 mai 2004 10:16 connexions depuis le 1er mai 2003